Mission d’information sur la Loi Littoral – Présentation des conclusions

La Mission d'information « Loi Littoral, Loi Montagne : 40 ans après, quelle différenciation ? »

Début janvier, à l’initiative du groupe de l’Union Centriste, une mission sénatoriale d’information intitulée « Loi Littoral, Loi Montagne : 40 ans après, quelle différenciation ? » a été mise en place. Au regard de l’importance de cette problématique pour le Finistère, j’ai souhaité en être membre, avec pour objectif de dresser un état des lieux précis et de formuler des préconisations concrètes, afin d’améliorer la législation et la réglementation en vigueur. À cette fin, de nombreuses auditions, déplacements et consultations locales ont été organisés. 

Avec le Sénateur Michel Canévet, nous avons également souhaité que la mission décentralise une partie de ses travaux dans notre département.

Le 21 mai, nous nous sommes rendus à Batz, aux côtés du maire et du président de l’Association des Îles du Ponant, afin d’échanger sur l’impératif de maintenir des conditions de vie à l’année sur les îles, en réponse à l’appel que nous avions lancé en février et qui demandait une meilleure prise en compte des spécificités insulaires.
 Nous avons également rencontré des chercheurs à l’Ifremer avant de nous rendre à Plouzané, où nous avons évoqué, en présence du maire et d’entrepreneurs, des cas concrets liés aux exploitations agricoles et à la complexité des normes d’urbanisme.

Le 22 mai, nous étions sur la route du Vent Solaire, puis à Tréffiagat, afin d’observer les effets directs de la submersion marine et du recul du trait de côte, enjeux majeurs dans le contexte du changement climatique. À cette occasion, nous avons aussi rappelé notre engagement à voir mis en place un dispositif d’accompagnement des communes littorales, à travers un fonds national dédié à l’érosion côtière.

L'adoption du rapport et les recommandations

Au terme de six mois de travaux, le rapport a été adopté le 8 juillet 2026. Il comporte 36 recommandations visant à adapter l’application de la loi Littoral aux enjeux actuels du logement, de l’habitabilité, du changement climatique et de la différenciation territoriale.

Vous pouvez consulter ici l’Essentiel du rapport ainsi que les préconisations établies. 

Pour accéder au rapport intégral, voici le lien : https://www.senat.fr/rap/r25-858/r25-8581.pdf.

Parmi les pistes avancées, certaines visent à réduire l’insécurité juridique, par :
– l’inscription dans la loi ou le règlement de critères d’identification des notions d’urbanisation en continuité, d’espaces proches du rivage et de capacité d’accueil ;
– la publication d’une circulaire nationale compilant le droit applicable et la jurisprudence ;
– le renforcement de la formation et de l’accompagnement des décideurs et des services locaux.

La mission recommande également que les SCoT définissent plus précisément les notions pertinentes de la loi Littoral et puissent, par leur interprétation, éviter que des autorisations d’urbanisme régulièrement délivrées ne soient remises en cause au regard de cette loi. 

Elle propose ainsi que les SCoT puissent délimiter le périmètre d’application de la loi Littoral sur le territoire communal, tout en préservant la bande des 100 mètres et les espaces proches du rivage.

En matière d’urbanisme littoral, la mission préconise d’intégrer les dents creuses aux périmètres déjà urbanisés afin de permettre une densification adaptée à différents usages.

S’agissant de l’immobilier touristique, elle défend la mise en œuvre d’un plan national de rénovation confié à un opérateur de l’État, afin d’accroître le taux d’occupation des logements, d’améliorer leur performance énergétique et de prévenir le développement de friches.

La mission porte également des mesures destinées à mobiliser les logements peu occupés (servitudes de résidence principale, bail réel solidaire, plans départementaux concertés) et suggère d’étudier la création d’une taxe locale facultative sur les meublés peu occupés, dont les recettes seraient affectées à l’habitabilité des territoires.

Par ailleurs, la mission reprend la demande d’une « loi Îles » au Parlement, comprenant des dispositions destinées à mieux prendre en compte leurs spécificités lorsqu’elles sont dépourvues de tout lien permanent avec le continent, afin de garantir des conditions de vie à l’année et d’adapter les règles d’urbanisme et d’aménagement à leurs réalités.

Alors que notre objectif est d’ajuster, de clarifier et de différencier l’application de la loi Littoral sans remettre en cause ses principes de protection, je souhaitais vous informer des conclusions de ce travail.

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