Commémorations du 8 mai à Saint-Pabu et Lannilis

Se souvenir, c’est rendre hommage, transmettre, enseigner.

En ce 8 mai, à Lannilis comme à Saint-Pabu, partout en France, un même devoir : honorer la mémoire de celles et ceux qui ont dit non.
 
Et transmettre.
 
« Ce que nos morts attendent de nous, ce n’est pas un sanglot, mais un élan. » Ces mots de Pierre Brossolette, héros de la Résistance, résonnent aujourd’hui avec une intensité particulière.
81 ans après la capitulation de l’Allemagne nazie, nous sommes réunis à Saint-Pabu, terre de courage et de résistance, pour commémorer, pour transmettre et pour agir.
 
Nous célébrons ce jour la victoire des Alliés, une victoire arrachée au prix de 60 millions de morts, de la Shoah, de l’anéantissement systématique d’enfants, de femmes, d’hommes, de familles entières.
 
Une victoire qui a scellé la fin d’une des périodes les plus sombres de l’humanité, mais aussi le début d’un monde à reconstruire. Ici, à Saint-Pabu, l’appel du Général de Gaulle a trouvé un écho puissant : « Le dernier mot est-il dit ? L’espérance doit-elle disparaître ? La défaite est-elle définitive ? Non ! »
 
Non, car des femmes et des hommes ont choisi de se battre.
Parmi ces héros, trois femmes portaient le prénom d’Yvonne. Trois femmes, et trois destins liés à la Bretagne, à la Résistance, à l’espoir.
 
Yvonne Pagniez, résistante et poétesse, nous a laissé ces mots : « Et pourtant la vie est si belle ! Quand on a cru la perdre, c’est avec avidité qu’on y mord. Écoutez ces frères qui nous donnent mauvaise conscience, car ils exigent que nous poursuivions l’idéal qu’ils nous ont confié. »
 
Yvonne Le Roux, agent de l’Intelligence Service, connu sous le nom de « Tante Yvonne », a créé un réseau le long de la côte bretonne. À 58 ans, elle a renseigné l’Amirauté anglaise sur les réparations des croiseurs allemands à La Palice et Brest. Arrêtée en 1942 à Plomodiern, elle a été déportée à Ravensbrück. Elle va mourrir en 1945.
 
Yvonne Le Tac, institutrice et résistante, que nous connaissons bien ici, incarne quant à elle une double lutte :
celle pour l’éducation et celle pour la liberté. Avant la guerre, elle répétait à ses élèves : « Le savoir, c’est la clé de votre liberté. » Puis, sous le nom de « Noir-Orange » dans le réseau Overcloud, elle a sauvé des vies en organisant des filières d’évasion vers l’Angleterre, au péril de la sienne. Arrêtée en 1942, déportée à Ravensbrück puis Auschwitz-Birkenau, elle a survécu à trois ans d’enfer. Libérée en 1945 à 63 ans, elle a laissé ces mots gravés dans l’Histoire : « On ne meurt que quand on le décide. »
 
La résistance, c’est d’abord un état d’esprit. Son fils, Joël Le Tac, compagnon de la Libération, a poursuivi son combat. Aujourd’hui, des rues et des écoles portent son nom.
 

Se souvenir, c’est rendre hommage, transmettre, enseigner.

La loi du 14 avril 1954 nous le rappelle : « Il importe de ne pas laisser sombrer dans l’oubli les souvenirs et les enseignements d’une telle expérience, ni l’atroce anéantissement de millions d’innocents, ni les gestes héroïques de ceux qui ont résisté. »
 
François-George Dreyfus le soulignait : un résistant, c’est le maquisard, mais c’est aussi le paysan qui ravitaillait, l’instituteur qui cachait des enfants, le gendarme qui falsifiait des papiers. C’est tous ceux qui, chaque matin, se levaient sans savoir s’ils reverraient leur famille.
 
Mais se souvenir, c’est aussi un devoir d’actions au présent. Car aujourd’hui, les menaces persistent et les conflits armés sont de retour aux portes de l’Europe. Les discours de haine fracturent notre société. Face à cela, que nous dit l’Histoire ?
 
Le 8 mai, ce n’est pas qu’une date dans les livres d’Histoire. C’est un appel à la reconnaissance et responsabilité : ne jamais baisser la garde, vivre, chaque jour, avec courage et humanité.
 
Alors, souvenons-nous. Souvenons-nous des trois Yvonne : Pagniez, Le Roux, et Le Tac, qui ont dit « non » à la barbarie.
 
Vive la République ! Vive la France !

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