Cérémonie de l’appel du 18 juin

Appel du 18 juin

Aujourd’hui, à la pointe de Pen-Hir, aux côtés du Préfet du Finistère, du Préfet maritime, de Joseph Le Mérour Maire de Camaret-sur-Mer et de Pascale Pichon, élue correspondante à la défense de la Commune d’Elliant.
 
Nous étions devant ce monument érigé notamment par celui-là même qui fut chargé de penser la reconstruction de la ville de Brest : Victor-François Bazin.
 
« Kentoc’h mervel eget em zaotra »
« Plutôt la mort que la souillure » !
 
La devise des ducs de Bretagne raisonne ici.
 
En ce 18 juin, l’appel du Général de Gaulle, aussi :
 
« Le dernier mot est-il dit ?
L’espérance doit-elle disparaître ?
La défaite est-elle définitive ?
Non ! » (…)
« La France a perdu une bataille, mais la France n’a pas perdu la guerre.
Dans l’univers libre, des forces immenses n’ont pas encore donné.
Un jour, ces forces écraseront l’ennemi. »
 
Comme ailleurs dans le Finistère, certains ici se sont rendus, il y a 86 ans, en Angleterre préfigurant ce qui allait devenir les Forces françaises libres.
 
Cette immense Croix de Lorraine de 15 mètres, inaugurée par le Général, quelques années après la fin de la seconde guerre mondiale, symbolise leur engagement décisif.
Celui qui nous doit d’être libre aujourd’hui où nous nous parlons.
 
Ces Finistériens qui ont dit « Non » à la France du Maréchal Pétain et « Oui » à la Liberté, celle qui adviendra 4 ans plus tard. Une continuité dans le courage de nos ancêtres que nous nous devons de saluer et de remercier.
 
Mais la mémoire, c’est aussi une exigence d’action au présent.
Car devant les 60 monuments érigés en souvenir de la France Libre dans le Finistère, c’est le respect, c’est le devoir de transmission et de continuité qui nous incombe. 
 
Il y a un an maintenant, nous célébrions à travers tout le pays la victoire des Alliés sur le fascisme et l’obscurantisme, une victoire qui a marqué la fin d’une période sombre de notre histoire, empreinte de souffrances et de barbarie.
 
Il y a 81 ans, le monde découvrait l’étendue des horreurs commises : près de 60 millions de vies perdues, la Shoah, et tant d’autres atrocités.
Mais de ces cendres, nous avons su renaître, reconstruire notre pays et notre continent.
 
Aujourd’hui, nous nous devons d’honorer toutes celles et tous c
eux qui, par leur courage et leur sacrifice, ont rendu possible la liberté dont nous jouissons encore près d’un siècle après.
 
J’ai pensé ce matin aux Bretons de la France libre !
À tous les soldats, français et étrangers, à tous les résistants, hommes et femmes, qui ont combattu, souffert, et parfois donné leur vie pour notre liberté.
Aux victimes, juifs, enfants, homosexuels, tziganes, déportés et assassinés.
 
Si la paix est notre bien le plus précieux, elle est aussi fragile. Notre actualité nous le rappelle.
Alors que notre monde fait face à de nouveaux défis, à des menaces anciennes qui ressurgissent…
Alors que les rapports de force internationaux se reconfigurent, le tragique pourrait revenir si nous ne restons pas vigilants.
 
Face à la montée du racisme, de l’antisémitisme,
Face aux agressions contre des nations souveraines, nous devons rester fermes et unis.
Ayons une pensée pour celles et ceux qui, en ce moment même, se battent pour leur liberté.
Comprenons ce que représente cet engagement et ce sacrifice en temps de guerre, cette volonté farouche de vivre sans oppression.
Comprenons ce qui permis la reconstruction et notre durable protection par des fondations repensées d’une Europe solidaire et souveraine.
Cette Europe qu’il nous faut encore et encore consolider, car elle est la garante de notre souveraineté.
 
Je reproduis ici les mots de Yvonne Pagniez, résistante, qui connaissait bien la Bretagne.
 
« Et pourtant la vie est si belle !
Quand on a cru la perdre, c’est avec avidité qu’on y mord. Écoutons cependant tous ces frères qui nous furent si proches, qui continuent de parler en nous, qui nous donnent mauvaise conscience parce qu’ils exigent la poursuite ardente de l’idéal qu’ils nous ont confié. »
 
Nous avons, oui, un devoir de vivre et un devoir d’actions. Tâchons d’être à la hauteur de leur héritage et notre époque.
 
Et que l’appel du général raisonne encore aujourd’hui.

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